Message de :
Pierre Didiermercredi 18 juillet 2001
Objet : condition des filles dans les cités
Bonjour !
Suite aux incidents d'Aulnays (voitures brûlées, attaque de pompiers au camion-bélier, etc.), j'ai lu un article dans "Le monde" dont l'aspect inconsciemment sexiste m'a intéressé. Voici la lettre envoyée au journaliste :
"Cher Monsieur,
merci pour votre article nuancé sur les violences à Aulnay. Néanmoins, je m'étonne sur un point : vous avez cité, dans vos interviews d'habitants et de jeunes de la cité, seulement des HOMMES. Il est vrai que les jeunes que l'on voit en première ligne dans ces affaires, sont des groupes de garçons, qui semblent exclure de fait les filles. Cet aspect n'est jamais soulevé, à ma connaissance. Or, c'est évidemment un facteur de tensions. Si vous avez des groupes de garçons qui restent entre garçons, et qui "bouclent" leurs soeurs à la maison, la vie de quartier est déjà mal partie ! Lorsqu'ils vont en Centre-Ville, en boîtes, dans la fête du 14 juillet ou de la musique, ce sont ces mêmes garçons qui se sentent rejetés par la population. Ils ne semblent pas comprendre que leur refus (culturel ou autre) de la mixité entraîne un climat particulier, et que ces bandes de "mecs" peuvent ne pas attirer la sympathie de gens habitués à un minimum de mixité dans la société française.
Ne serait-il pas intéressant d'enquêter sur la condition des filles dans les cités, et sur les relations garçons/filles qui y règnent ? Avec les affaires de tournantes, ce point mérite visiblement d'être mieux examiné.
Cordialement."
J'aimerais savoir la réaction de SOS et des organisations anti-racistes, quand elles voient ces groupes de jeunes mecs à la fête du 14 juillet, ou à la fête de la musique... N'est-ce pas l'un des facteurs des tensions en banlieue, aspect qui concerne aussi le combat féministe ? En effet, si des jeunes mecs de 13 à 18 ans se rendent en bandes sans aucune filles, c'est que les filles, elles, n'ont pas le DROIT de sortir, d'aller faire la fête, qu'elles sont en partie exclues et enfermées. D'ailleurs, durant le 14 juillet, je n'ai presque pas vu de jeunes filles "beurettes" ! Cela semble confirmer qu'elles constituent une catégorie de femme encore opprimées, malgré leurs luttes et leur résistance face au pouvoir machiste des "frères". Ne faudrait-il pas parler de ce sujet dans les associations, au lieu de garder un "pudique" silence sur ce problème ?!
Cordialement.