Semaine d'éducation contre le racisme / FN-MN


SEMAINE D’EDUCATION CONTRE LE RACISME

SOS racisme, sous le parrainage du Ministère de l’Education Nationale de la Jeunesse et des Sports, organise chaque année depuis dix ans maintenant, la semaine d’éducation contre le racisme.

Cette initiative qui aura lieu du 15 au 21 mars 1999 est relayée aujourd’hui par des associations toujours plus nombreuses. Elle s’articulera autour de plusieurs actions : débats, expositions, créations artistiques, événements culturels, voyages pédagogiques.

Tournée véritablement vers l’Education contre le racisme, cette semaine s’appuie sur plusieurs éléments :

  • Tout d’abord, il faut apprendre et enseigner que le racisme n’est pas une opinion mais un délit et que ce comportement est incompatible avec le fonctionnement d’une société démocratique.
  • Il faut rappeler ensuite que sans éducation, sans connaissance, sans capacité de comprendre par soi-même, il n’est pas possible de vivre ensemble.
  • Enfin que nous devons mettre le devoir de mémoire au service de la formation des futurs citoyens. L’année 1998 nous l’a rappelé plus particulièrement à travers les 150 ans de l’abolition de l’esclavage (1848), le centenaire du “ J’accuse ” de Zola (1898), ou encore les 50 ans de la déclaration universelle des droits de l’homme 1948).

Une mémoire bien utile à l’éducation contre le racisme.

Tout au long de cette semaine, le Comité SOS RACISME du XIV ème arrondissement organisera différentes initiatives comme des interventions et des débats dans des lycées, ou encore des projections de films.

Si l’Education est formation de l’homme, l’Education contre le racisme est un élément essentiel de l’éducation civique qui est formation du citoyen.

Notre participation active et concrète à l’éducation contre le racisme est pour nous un devoir essentiel à la lutte contre le racisme.

LE VOYAGE DE LA MEMOIRE

A l'occasion des comités SOS Racisme du Sud de la France est organisé un voyage de 250 personnes dont 170 lycéens des quatre villes ayant un Maire Front National (Vitrolles, Marignane, Orange et Toulon) à l'occasion duquel seront visités plusieurs lieux symboliques de l'extermination des juifs pendant la seconde guerre mondiale.

La première étape en fut, jeudi 11 février 1999, le camp de Drancy prélude à la déportation et à l'extermination de dizaine de milliers de juifs français ou étrangers raflés par les Nazis et la police de Vichy. A l'heure où disparaissent les derniers survivants de la Shoah il est important que le relais de la mémoire soit transmis aux jeunes générations.

 

Le congrès du FN “canal Mégret ”: la querelle de famille continue

Le Congrès extraordinaire du FN-MN s’est tenu le 23 et 24 janvier à Marignane.

Les joutes verbales précédant le rassemblement reflètent fidèlement le niveau des débats, l’état d’esprit et le respect que se vouent les deux clans nourris de haines réciproques. Les polémiques n’ont été que des débats de pure forme (“liliputien”, “pu-putsch”, “César et Brutus”, “mégrébin” ...j’en passe et des moins bonnes…) et pour cause, puisque ces chefs ne sont d’accord que sur un point : le fonds idéologique. Ce qui les divise? les ambitions et la tactique.

Ces invectives ont d’ailleurs singulièrement affadi les surprises d’un congrès joué d’avance. La seule évocation des moments forts du congrès théâtralisés à travers la chaise vide du borgne, le “Jean Marie tu déconnes!”… suffisent à faire tourner au ridicule cette mascarade.

Concrètement ce congrès aboutit à la co-existence de deux mouvements d’extrême droite.

D’une part le FN de Jean Marie Le Pen, qui représenterait la tendance “historique” qui ne voudrait pas transiger sur son programme et qui renvoie dos à dos toutes les formations politiques, d’autre part, le FN-MN (Mouvement National) de Bruno Mégret qui représente la tendance plus technocratique qui n’à qu’un but : Le pouvoir. Si cet objectif doit passer par des transactions avec la droite républicaine, Bruno Mégret y consent. Cela à d’ailleurs été clairement dit par Yvan Blot, déjà ex-mégretiste, qui quitte le FN-MN le 4 février dernier. Ce dernier récuse au nom des militants les méthodes de M. Mégret qui aurait demandé aux secrétaires départementaux du FN-MN de susciter des contacts avec les représentants locaux du RPR…

Il ne faut donc pas se tromper sur cette scission, bien qu’elle soit une victoire pour la démocratie, il n’en demeure pas moins que la pression des idées du FN continue de s’exercer sur la classe politique en général et sur le chef de la droite républicaine en particulier. Ce dernier s’illusionnerait gravement en pensant pouvoir récupérer les électeurs du FN en intégrant des hommes issus de ses rangs et une partie de son orientation.