Combattre les clichés


Une personne raciste, mais qui évidemment niera farouchement l’être, tiendra souvent les même propos. Pour justifier la haine qu’il éprouve envers les hommes de couleur, il affirmera que cet étranger a la peau noire, des cheveux crépus, des lèvres épaisses, une forme du visage, et autres détails physiques caractéristiques de sa race. On ne peut contester que le noir est différent. Tout l’irrationnel du racisme est là : la haine de l’autre à partir d’une question d’épiderme. Tout serait donc une question d’apparence, le noir est rejeté sur présentation de son visage. La thèse du xénophobe n’est en aucun point recevable. Tout d’abord, constater qu’un être est différent de soi est une évidence, il n’existe pas de règle pouvant contredire cette réalité. Mais à partir de quel moment peut-on dire qu’un être différent n’est pas normal? Qui donc serait capable de définir cette norme? Chacun détermine ses propres critères. Ensuite, l’individu raciste utilise cette différence à son profit et se donne le droit d’exclure de la société ces hommes qui ne lui ressemblent pas. Celui qui ne répond pas à ces critères fait naître un sentiment de peur. Plutôt que de s’ouvrir à l’ inconnu, on préfère la méfiance. L’être différent serait donc inférieur. Par définition, comme nous sommes tous différents, nous serions donc tous inférieurs ou supérieurs à tous! La différence perçue de cette façon va à l’encontre de toutes les notions de tolérance, de respect et de civisme. Remémorons-nous, le 10 décembre 1948, la déclaration des droits de l’homme était adoptée; elle replaçait la différence dans son vrai contexte, celui qui incite l’homme à agir pour et non contre lui-même. On ne peut que constater avec tristesse que cette loi n’est pas appliquée. Se sentant menacé dans ses convictions, le raciste soutiendra que la différence ne se manifeste pas que d’un point de vue physique. Il cherchera à mettre en évidence l’absence d’intelligence chez ces peuples et prétendra que ces derniers ne sont ni civilisés ni cultivés. Des hommes dont les origines, la culture, l’éducation, les traditions et les valeurs sont différentes sont automatiquement considérés comme barbares. Doit-on rappeler que ce sont les Indiens d’Amérique qui mirent en place le premier système de justice? Si au début de ce XXI e siècle, l’homme en est là en ce qui concerne la différence, c’est que la volonté n’est pas à l’ordre du jour, du moins pour ce qui s’agit des réflexions, des agissements et des décisions collectives.